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Coquines ambiguïtés des chansons populaires

Nous les avons toutes fredonnées, sifflées, reprises en choeur, entre amis ou en famille. Et même apprises à nos enfants et petits-enfants. Sans nous méfier ou nous méprendre. Et pourtant…

Des textes érotiques ont été chantés depuis toujours, mais devant l’interdiction du clergé, les auteurs usèrent de non-dits, de fausses rimes ou de codes pour dissimuler les propos polissons. Malgré la libéralisation des moeurs, cette tradition se poursuit aujourd’hui encore dans la chanson française, avec délice et humour.

Des refrains pas si enfantins

Les chansons dites légères usaient de jeux de mots, de doubles sens, de métaphores, voir de contrepèteries pour vanter les plaisirs de la chair sans craindre la censure de l’Église. Ces comptines sont pour la plupart devenues des airs que l’on fait chanter à nos têtes blondes sans savoir que le diable s’y cache encore.

Au clair de la lune. La chanson entière est à double sens. « Mon ami Pierrot, prête moi ta plume, ma chandelle est morte, va chez la voisine, on y bat le briquet, l’aimable Lubin frappe chez la brune ».
Cela se traduit par : « en pleine nuit un homme d’église coquin, va chez sa voisine réputée pour avoir des moeurs légères. Car la chandelle a une connotation phallique, battre le briquet signifie faire l’amour et Lubin est un curé connu à cette époque pour sa perversion.
Que font-ils exactement ? la chanson ne le dit pas puisqu’ils fermèrent la porte.

C’est la mère Michel qui a perdu son chat. « Qui crie par la fenêtre à qui le lui rendra. C’est le père Lustucru qui lui a répondu. Allez la mère Michel votre chat n’est pas perdu ». Le chat ayant toujours été le symbole pour désigner le sexe féminin, cette chanson raconte la virginité envolée de madame Michel.

Il court, il court le furet. « Le furet du bois mesdames, le furet du bois joli ». Un petit texte à l’air totalement innocent. C’est pourtant une contrepéterie, où il est question de curé qui se fourre on ne sait où.

De nombreuses autres comptines du répertoire enfantin sont à classer dans cette rubrique « double sens ». À la claire fontaine, Nous n’irons plus au bois, Jeanneton prend sa faucille, Savez-vous planter les choux, etc.

Des mélodies pas si naïves

Serge Gainsbourg en 1966, dans une chanson interprétée par France Gall, les sucettes, fait une métaphore filée sur la fellation : « Lorsque le sucre d’orge parfumé à l’anis coule dans sa gorge, elle est au paradis. »
Dans Tirelipimpon, Carlos chante : « touche mes castagnettes, moi je touche tes ananas. Un coup en l’air, un coup en bas » sur son rythme joyeux et endiablé habituel.
Dans Banana Split, interprétée par Lio, l’érotisme est présent sous couvert d’une évocation du dessert glacé : « on dirait que les choses se déclenchent nana nana, la chantilly s’écroule en avalanche ».

Le groupe Karpatt chante Soulève ta jupe. À première vue, c’est une gentille histoire de grand-mère et de fessée. Mais en y regardant de plus près, ce n’est pas si innocent que cela.
Impossible de ne pas évoquer la chanson célèbre de Fernandel, Félicie aussi, qui combine le double sens pour décrire une relation amoureuse mais aussi un formidable effet comique par le choix des métaphores. Du grand art !


Pourquoi ne pas prendre quelques instants pour réécouter ces textes et les redécouvrir sous un angle plus coquin ?


Yolande Bachelier

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