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Rencontre avec Tri Yann : la richesse de nos créations collectives

L’amitié de ces trois-là est celle de toute une vie. Ils ont décidé de lui donner de nouveaux horizons. Jean Chocun se définit comme le mandoliniste-comptable du groupe. Il est notre interlocuteur. Jean-Paul Corbineau et Jean-Louis Jossic, les deux autres compères, réagissent.

Comment se gère sur un demi-siècle ce rapport partenariat/amitié ?

Il y a une réelle complémentarité entre nos différences. Une inter-estime absolue. Nos désaccords sont toujours sur la façon et pas sur le fond et n’ont jamais mis en péril l’équilibre global. Rien n’est jamais fait dans le but de nuire à l’autre. Très concrètement, chacun des huit artistes composant notre groupe est traité en parfaite égalité et perçoit la même part de nos rétributions globales : aucun de nous n’est plus riche que l’autre de nos créations collectives.

Ces créations sont ancrées dans la culture bretonne. Cette belle harmonie n’est-elle pas menacée par le clivage actuel de la société en « communautarismes » ?

Notre public est fidèle, mais pas intégriste. Il refuse de s’enfermer dans quelque chapelle que ce soit. Ces intégrismes - lorsqu’ils ne sont pas au service de sombres causes - sont quelquefois des mouvements de mode qui passent avec le temps. Je pense que la tradition est faite pour évoluer. Je m’amuse à rappeler que la bombarde, affirmant l’identité bretonne, trouve en fait son origine à… Jérusalem ! Et pourquoi, comme nous le faisons, ne jouerait-on pas la musique bretonne à la guitare électrique ?

Vous confrontez- vous avec d’autres musiques ? Vos extravagants couvre-chefs sont loin de la coiffe bigouden !

Nous l’avons fait avec des musiques allemandes, basques, géorgiennes… La musique permet de surmonter les barrières de la langue. Il faut savoir qu’aucun de nous n’a joué que de la musique bretonne dans sa vie.
Quant aux costumes, nous les devons à Jean-Louis, le théâtreux de la bande. Si nous montions sur scène en chemise à carreaux et jeans, nous serions pris pour un groupe de folklore américain. Nous devons aussi apporter une variété visuelle qui nous corresponde. N’est-on pas une autre personne quand on enfile un costume de scène ?

Vous considérez-vous d’une génération passée ? Êtes- vous à l’aise dans celles qui montent. Cherchez-vous à être comme une passerelle entre elles ?

Les gens sont respectueux de leurs différences. Ils sont plutôt à la recherche de leurs origines. Les sites de recherches généalogiques font florès ! Quant à nous, oui, nous nous situons dans la notion de passerelle. Nous sommes dans la lignée des Gilles Servat ou Alan Stivell. Nous participons à entretenir la culture musicale bretonne tout en proposant, musicalement et visuellement, une autre image. Pour autant, les groupes moins connus que nous sont un socle pour ne pas perdre et transmettre ces indispensables traditions. Et ce n’est pas une affaire de génération puisque l’étude de la langue bretonne est plutôt en développement.

Voici, pour chacun de vous et pour votre groupe, le moment d’une retraite. Votre amitié va-t-elle y survivre ? Qu’allez-vous faire de ces temps libérés ?

Jean Chocun : Aucune raison que cette amitié ne cesse. Elle va prendre des formes différentes puisque nos vies ne seront plus les mêmes. Je joue d’autres musiques. Je suis dans un groupe de chants de marins. Il se peut même que nous ayons ensemble d’autres projets musicaux…

Jean-Paul Corbineau : Notre dernier concert va être un moment très émouvant. Mais il y a un temps où il faut retrouver un peu de paix. Ce ne fut pas la guerre entre nous, mais c’était matériellement intense. On a beaucoup roulé, partout, en minibus, mais on n’a rien vu. Le Cantal, moi, j’ai envie d’y retourner, juste pour m’y promener. Et il faut savoir s’arrêter dans un moment où on est encore de qualité !

Jean-Louis Jossic : On ne fait pas impunément 1 600 concerts ensemble. Le contact avec le public va nous manquer. Sur scène et aussi après, pour se parler, se rencontrer…et, aujourd’hui, pour les selfies ! Ça ne veut pas dire qu’on arrête le groupe. J’anime notre site pour décrire comment se passe une répétition, un enregistrement, notre travail en scène avec l’équipe technique sans qui nous ne serions pas ce que nous sommes. J’étais prof d’histoire, j’ai en tête le projet d’un disque-livre qui raconterait l’histoire de la Bretagne dans l’histoire de la France. Qui se souvient, par exemple, des 122 marins-pêcheurs de l’île de Sein qui furent parmi les premiers à rejoindre de Gaulle en Angleterre ?

Promis, on garde le contact pour en reparler à nos lecteurs !

Propos recueillis par Pierre Corneloup

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