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Repères › Santé

FIN DE VIE. LA LIBERTÉ DE CHOISIR

Même si, en avril dernier, l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de loi visant à établir un droit à une fin de vie libre et choisie, la question ne peut être éludée. Le point avec Alain Dru, représentant l’UCR-CGT au Conseil économique, social et environnemental (Cese).

En avril 2018, le Cese avait donné un avis visant à rendre plus dignes les conditions de la fin de vie en France. Vos propositions sont-elles toujours d’actualité ?

Absolument. L’aspiration, très largement majoritaire, de nos concitoyens à disposer du droit à mourir dignement, nous a conduits à proposer des solutions pour, d’une part, mettre en œuvre la loi Claeys-Léonetti de février 2016, mais aussi, d’autre part, remédier à l’insuffisance des soins palliatifs. La délégation CGT au Cese s’est fortement impliquée dans l’élaboration de cet avis équilibré dont s’est d’ailleurs inspirée la proposition de loi des parlementaires. Pour l’essentiel, l’avis préconise que les questions de la fin de vie ne doivent plus relever de la seule décision médicale, mais être d’abord une question d’ordre citoyen. Il faut que le choix de la personne soit l’élément décisif. Nous proposons un cadre juridique pour le droit à mourir en étant médicalement accompagné.

Quel regard portez-vous sur le débat actuel concernant la fin de vie et le droit de mourir dans la dignité ? Est-il une bonne chose ?

Ce débat est devenu incontournable. Les manœuvres auxquelles nous avons assisté, en avril dernier, visant à l’éluder ou à le retarder sont vouées à l’échec. Les scandaleuses situations dans lesquelles sont survenus de très nombreux décès liés à la Covid-19 ont reposé avec force la question de la qualité des derniers instants de la vie. Les soins palliatifs souffrent d’un manque criant de moyens. Généralement, ils ne concernent que l’hôpital et encore, pas partout. Les déserts médicaux en renforcent les inégalités d’accès. Alors que le droit à mourir dans la dignité à domicile est revendiqué par beaucoup, selon des convictions personnelles, le corps médical continue à décider seul de ce qui est bon ou pas pour le patient. En pratique, des milliers de personnes meurent toujours dans la souffrance. C’est indigne, inhumain et inadmissible.

Pourtant, le Gouvernement semble toujours opposer l’euthanasie aux soins palliatifs. Qu’en pensez-vous ?

Beaucoup de communication et pas de moyens. Ça n’est pas l’un ou l’autre. Les deux sont complémentaires. Si le soin palliatif, malgré ses limites, a son utilité, il ne remplace pas le droit à mourir dans la dignité. Encore une fois, le débat ne doit pas être que médical. C’est pour cela que nous voulons un cadre juridique clair pour que ce soit le choix de la personne qui soit décisif. Le mot « euthanasie » ne doit pas faire peur. Étymologiquement, il signifie « belle mort », c'est-à-dire une mort dans de bonnes conditions. Douces et paisibles.

Propos recueillis par Michel Scheidt

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