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Repères › Santé

Vache folle. Mars 1991, premier cas en France, quels enseignements ?

La maladie frappe les bovins au Royaume-Uni dès le milieu des années 1980. Le premier cas français est détecté dans une ferme des Côtes-d’Armor, en mars 1991. Retour sur une maladie induite par la course au profit.

L’encéphalopathie spongiforme bovine (EBS) est le nom scientifique de la maladie de la vache folle. Elle se traduit par une infection dégénérative du système nerveux central des bovins. Elle est causée par un agent infectieux moléculaire appelé protéine prion. Chez les animaux malades, les symptômes apparaissent quatre à cinq ans après la contamination. Cela se manifeste par des troubles de la locomotion et débouche sur la mort. Cette protéine prion a infecté des vaches laitières du Royaume-Uni au début des années 1980, quand Margaret Thatcher était au poste de Premier ministre.

Outre-Manche, comme en France et dans d’autres pays européens, on collecte, alors, les graisses, les os et déchets d’abattoirs, les carcasses d’animaux morts dans les fermes pour produire des farines animales. Ces protéines entrent à hauteur de 2% dans les aliments concentrés, composés principalement de céréales et de soja, servis aux volailles, aux porcs, mais aussi aux herbivores ruminants. Ces farines étaient normalement cuites à 120°C. Afin de baisser leurs coûts de production, les industriels britanniques de l’alimentation du bétail décident, en 1981, de baisser la température à 90°C.

D'où est-elle venue ?

En septembre 1985, le laboratoire vétérinaire du secrétariat d’État britannique de l’Agriculture signale l’apparition d’une maladie nouvelle, aux symptômes étranges, chez les bovins. En novembre 1986, la maladie est identifiée sous le nom d’encéphalopathie spongiforme bovine. En 1987, on découvre qu’elle provient de la baisse des températures de cuisson à 90°C. Entre temps, dans le cadre des échanges intra-communautaires en Europe, des exportations de farines animales britanniques, produites à moindre coût, contaminent les élevages en France et ailleurs.

La transmission à l'homme

Au début de l’année 1991, on repère un premier cas de vache folle dans une ferme laitière des Côtes-d’Armor. À partir de ce moment, le Gouvernement ordonne l’abattage de la totalité du troupeau dans toute exploitation où un cas d’ESB est détecté. La maladie atteint son point culminant au Royaume-Uni en 1993, avec près de 800 cas par semaine. En 1994, l’Union européenne interdit les protéines issues des tissus de bovins dans l’alimentation des ruminants. En 1995, plusieurs agriculteurs britanniques furent victimes de la maladie dite de Creutzfeldt-Jakob et les médias annoncent la possible transmission de l’EBS à l’homme à partir de la consommation de certaines pièces de viande bovine, à commencer par les abats et la moelle épinière. En 1996, la France, suivie par d’autres pays européens, décrète un embargo sur les importations de viande bovine en provenance du Royaume-Uni.

Rassurer le consommateur

Des mois durant, le dossier de la vache folle fait les gros titres des médias et la consommation de viande bovine chute sensiblement en Europe, de même que les cours des bovins sur les champs de foire et les marchés au cadran. En 1996, dans l’optique de rassurer les consommateurs sur la traçabilité de la viande bovine, l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (INTERBEV) crée la marque collective VBF (viande bovine française), indiquant qu’un animal est né, élevé et abattu en France. L’année suivante, est rendue obligatoire l’apposition sur les étiquettes de la provenance de l’animal ainsi que son type et sa race, afin de mieux informer le consommateur.

Cette même année, deux jeunes britanniques de 19 et 25 ans meurent de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, transmise par le prion de la vache folle. En juillet 2012, est publiée une estimation qui fait état de 224 victimes humaines dans le monde, dont 173 au Royaume-Uni, 27 en France, 5 en Espagne, 4 en Irlande, 3 aux Pays-Bas et 2 au Portugal. Et, le nombre de troupeaux contaminés et abattus s’élève à 4 950 au Royaume-Uni, 1 488 en Irlande, 954 au Portugal, 951 en France, 538 en Espagne, 369 en Allemagne.

Le recyclage des farines

Depuis, la France continue, à juste titre, d’interdire l’utilisation de ces farines dans l’alimentation des ruminants. Et, contrairement à d’autres pays européens, elle les interdit aussi dans ceux des volailles et des porcs, alors que, de l’avis des scientifiques, un chauffage de ces farines à 133°C écarte tout risque de survie du prion. Du coup, chaque année, la France brûle, sous forme de combustible dans les cimenteries, 600 000 tonnes de farines issues des déchets d’abattoirs et de l’équarrissage.

Parallèlement, elle importe des viandes de bovins qui ont mangé ces farines au Canada, aux États-Unis et en Amérique du Sud dans le cadre des accords de libre-échange entre l’Europe et ces pays… cherchez l’erreur.

Gérard Le Puill

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