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Vie syndicale



Le souffle du 49e Congrès confédéral (n°155)

Nantes a eu le plaisir d'accueillir le 49e Congrès confédéral du 7 au 11 décembre 2009. Ce fut comme à chaque congrès, un grand moment de fraternité, mais peut-être cette fois-ci, plus encore. Et les retraités ont eu toute leur place.

Il y eu un instant magique pendant l'intervention à la tribune des camarades «sans papiers». Lorsque qu'on voit plus de mille participants debout, applaudissant à n'en plus finir, pour exprimer leur fraternité, l'émotion est au rendez-vous. La solidarité entre les femmes et les hommes de toutes origines, de toutes couleurs, de tous âges était palpable, balayant pour un moment toutes les querelles, les oppositions et les réticences. Du pur bonheur !  Un tel moment n'est pas anodin dans la période ou la mondialisation impose la concurrence, la division entre les peuples, la rivalité entre les pays du nord et du sud.


A ce moment précis, on se met à rêver d'un monde où le système financier serait au service des hommes, de la revalorisation du travail, de l'emploi, de la formation, des besoins humains et fondamentaux, une société égalitaire ou chacun compte pour un, une société pour tous les âges, pour tous les hommes , où le bien-être serait la norme. Dès le premier jour, les retraités ont eu la satisfaction de voir figurer leurs  préoccupations dans le rapport d'ouverture présenté par Bernard Thibault. Tout y était, l'âge de la retraite, les revendications spécifiques, la santé, le logement, les transports, la situation préoccupante des femmes, l'adaptation des formes d'organisations syndicales des retraités liées aux territoires et la syndicalisation. Concernant la légitime demande de compter pour un comme les actifs, lors des congrès de la Cgt, le secrétaire général a précisé « le syndicalisme  retraité est un syndicalisme à part entière et non entièrement à part ». Sur la question des retraites, 2010 est annoncé comme un nouveau rendez-vous décisif, c'est une  préoccupation majeure de toute la Cgt. Nous devons relever le défi  lancé par le président de la République, qui entend faire des retraites « le marqueur de sa volonté de réforme». Pour la Cgt, le résultat des négociations sur la retraite se mesurera au niveau de la volonté de résistance des salariés. Notre syndicalisation est bien aujourd'hui la clé pour tout progrès de notre capacité de mobilisation et de rassemblement, la clé pour de nouvelles conquêtes sociales.


Les délégués du congrès ont fait le choix de porter haut et fort les ambitions des salariés ; celles de l'égalité et de la parité, de la paix, de la jeunesse, de la démocratie, de l'efficacité, de l'unité, de la solidarité et des conquêtes sociales. Pas question de lever le pied sur le niveau des revendications sous prétexte de la crise, sachant que la moitié des dividendes versés aux actionnaires suffirait à dégager 120 milliards pour les investissements, l'emploi, les salaires, l'égalité entre les femmes et les hommes, la retraite, les minima sociaux et la protection sociale.


La pauvreté des actifs, des retraités avec ou sans papier, des privés d'emploi est le symptôme d'un travail détourné de sa vocation sociale, d'une démocratie amputée, d'une citoyenneté qui reste aux portes des entreprises.


La manifestation du 24 mars 2010 à l'initiative de la Confédération européenne des syndicats (CES) sera un rendez-vous important pour les salariés européens. Aujourd'hui, avec la mondialisation, aucun rapport de force durable n'est envisageable sans que les résistances s'organisent et s'expriment, pays par pays, de façon convergente. La Cgt se doit d'occuper toute sa  place dans cette construction syndicale solidaire.


Le 49e Congrès a pris la mesure des enjeux et des responsabilités qui nous incombent. Alors, en avant !

Par Yolande Bachelier
Email : vienouvelle@ucr.cgt.fr