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N° 169


Après l’élection de François Hollande : Espoir et vigilance

Le nouveau président de la République doit rétablir le dialogue social maltraité par Nicolas Sarkozy et favoriser le développement de l’action syndicale. Un nouveau chapitre s’ouvre. Il aura à écrire les revendications des salariés et des retraités notamment l’augmentation des salaires et des pensions, une réforme fiscale et une politique européenne au service des travailleurs.

Disons-le tout net : le 6 mai au soir, nous avons poussé un énorme soupir de soulagement. Le danger de voir Nicolas Sarkozy et la droite poursuivre leur entreprise de démolition, de développer un peu plus encore la haine déclarée contre les syndicats, particulièrement contre la Cgt et son secrétaire général Bernard Thibault, de casser les acquis sociaux, les services publics, les retraites, nous a donné quelques suées.
Le projet du président sortant et de son équipe visait à s’attaquer au modèle social français dont les grandes orientations avaient été décidées par le Conseil national de la Résistance. Dans le collimateur de la droite et du patronat figuraient des réformes scélérates visant la Sécurité sociale, l’hôpital, les médicaments, les retraites, la flexibilité du travail et bien d’autres mauvais coups

Faisons respirer nos revendications et la négociation !

Après un 1er mai particulièrement réussi, malgré les provocations de la droite et de l’extrême-droite, et la bonne nouvelle de ce 6 mai historique, nous rappelons avec force les revendications légitimes du monde du travail auxquels la Cgt est particulièrement attachée. Ses revendications vont dans le droit fil de la volonté de changement qui s’est exprimée.

Une négociation d’ensemble doit passer par les dix points suivants :
- la revalorisation des salaires, des pensions et des minima sociaux, avec le Smic à 1 700 euros bruts ;
- le contrôle des aides publiques aux entreprises ;
- la contrainte des entreprises à des alternatives aux licenciements ;

- la suppression des exonérations fiscales et sociales sur les heures ­supplémentaires ;
- l’arrêt des suppressions d’emplois et le rétablissement de la retraite à 60 ans à taux plein ;

- le développement de politiques publiques et de moyens pour les services publics ;
- la réforme de la fiscalité en ­profondeur ;
- la création d’un pôle financier public et l’établissement d’un mécanisme de crédits à taux réduits ;
- la taxation des mouvements spéculatifs de capitaux et l’éradication des paradis fiscaux ;
- la mise en place d’un fond européen de solidarité sociale et de développement économique.

Bien sûr, le cahier revendicatif ne s’arrête pas à cette énumération. Il faut aussi avancer vers la mise en œuvre d’une Sécurité sociale professionnelle qui doit permettre à tout salarié d’alterner emploi et formation, dans un cadre d’évolution qui bannisse à terme le chômage et l’exclusion

De la sensibilité syndicale au vote politique

On ne vote pas pareil à l’élection présidentielle selon que l’on se sent proche de la Cgt, de la Cfdt, de FO, de la Cftc ou de la Cfe-Cgc.

La Cgt ayant appelé les salariés et retraités à battre Nicolas Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle, le président sortant - mais pas encore sorti- s’en était pris aux syndicats qu’il a accusés de faire de la politique. Si l’on en juge par les résultats d’une enquête Harris pour Liaisons sociales, les électeurs se sentant proches d’un syndicat n’avaient pas attendu le second tour pour marquer leur hostilité au candidat de l’UMP. Seuls 14 % des personnes se sentant proches d’un syndicat (dont 1 % des proches de la Cgt) auraient voté Sarkozy au premier tour. Les personnes se sentant proche de la Cfdt auraient voté Sarko à 15 %, celles de FO à 15 %, de la Cftc à 42 % et de la Cfe-Cgc à 53 %