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Paroles de retrait?s

Ils ont des raisons de se battre et de se faire entendre. Leurs pensions bloquées depuis 4 ans, l’annonce de l’augmentation de la CSG, la réduction des services publics…Ils n’ont pas l’intention de se laisser faire. À partir de leur situation, quatre retraités nous livrent leurs arguments.

Jean-Claude, 62 ans ex-bronzier.
Il a fait toute sa carrière dans la métallurgie, présent dans toutes les luttes concernant plus précisément la fonderie, autant dire que les conditions de travail extrêmes, il les a connues : chaleur à la limite du supportable, bruit assourdissant, air pollué, roulement en 3X8. Il est parti en retraite avant 60 ans, heureusement, il y aurait laissé sa peau. Alors ne venez pas lui dire qu'un politique assis derrière son bureau doré à Matignon veut encore reculer l'âge de la mise en retraite, il pourrait voir rouge !

 Geneviève, 72 ans ex-aide ménagère.
Suite à une période de chômage vers 50 ans, elle a dû « accepter » un poste d’auxiliaire de vie auprès des personnes âgées, une reconversion forcée ! Elle a fini par y prendre goût et avoir de la tendresse pour ses « mamies ». Mais devoir à 62 ans faire des tâches aussi lourdes que la toilette des personnes en perte d'autonomie, c'est pénible physiquement et psychologiquement difficile. Cette fin de carrière émaillée de précarité (paiement à l'heure effectuée) n'a pas permis d'avoir un montant de pension correct, à peine le Smic. Et le sentiment d'avoir beaucoup donné, du temps, des soins, des attentions pour un salaire de misère. La retraite, cette vie nouvelle, elle l'aborde épuisée, blessée par un manque de reconnaissance, à la limite de la pauvreté ! Alors se battre pour que cela cesse ? Oui, Oui et encore Oui !!

 

 

 

 

 

Christine, 63 ans ex-saisonnière.
Depuis la fermeture de son entreprise de textile, elle n'a pas retrouvé de travail stable. Comme il faut bien vivre, elle a tout fait : ramasser des pommes, des fraises, de la mâche, éclaircir les carottes, faire les vendanges, cueillir le muguet etc. Elle était « saisonnière », en d'autres termes, corvéable à merci pour les maraîchers. Payée à la tâche, penchée en avant ou accroupie toute la journée, dans des serres à 40°C ou sous la pluie. Aujourd'hui, le montant de sa retraite ne lui permet pas d'assumer toutes ses dépenses. Alors, elle refait les vendanges lorsqu'elle doit remplir sa cuve de fioul ou bien les pommes pour acheter des cadeaux à ses petits-enfants ! Elle s'est beaucoup impliquée dans les récentes initiatives engagées par l'UD et l'USR de Loire-Atlantique en direction des cueilleurs de muguet.

 

 

Alphonse ex-facteur.
En retraite depuis 5 ans, il s'adonne sans retenue à sa passion, la danse de salon. Mais on ne peut pas passer toute sa vie dans le service public le plus proche de la population, sans rester attaché viscéralement à ses valeurs. Dans le département, chaque nouveau bureau de poste fermé le blesse profondément. Car derrière cette suppression, c'est la désagrégation progressive du service public dont il était si fier. Donc, il continue à se battre pour le maintien des services publics de proximité et fait le lien entre les personnels de la poste et les retraités utilisateurs des services.

Propos recueillis par Yolande Bachelier

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