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L'UCR et vous › 11e congrès

Cap sur le congrès de l'UCR

Dans moins d'un mois le Congrès. Retour sur la réunion du Comité général de l’UCR-CGT des 5 et 6 décembre 2016, le « Parlement » des retraités-CGT. Un parlement où on donne dans le débat démocratique sans retenue et dans la fraternité, sans modération.

Avec à son ordre du jour le congrès de l’UCR-CGT, ce Comité général a pris un tour un peu exceptionnel. Il faut voter les actes statutaires, fixer le nombre de membres pour la future direction, préciser les critères à prendre en compte (parité, répartition géographique, professions), arrêter les dates limites de dépôt des candidatures, du mandatement des délégués, de la réception des amendements et de la rédaction des différents documents (orientation, activité, bilan financier, etc.) Tout cela a été fait et bien fait et l’unanimité dans le vote, loin d’être formelle, marque la qualité du débat et des interventions.

Syndicalisation et enjeux

A trois mois d’un congrès particulier au vu du contexte politique et des orientations mises au débat, on se projette parfois dans le futur. Nous étions à Montreuil et déjà à Bordeaux. Par exemple, lorsque François Thiéry-Cherrier annonce à l’assemblée qu’il sollicitera un nouveau mandat au poste de Secrétaire général. La salle applaudit sans retenue comme un coup de chapeau à l’homme qui a bien tenu la barre, malgré l’adversité.

Et l’on retrouve cette même ambiance pré-bordelaise lorsque Alain Laporte aborde la question de la syndicalisation. Question centrale à laquelle le rapporteur nous invite fermement à réfléchir. Car, véritable paradoxe, la CGT-retraités est très active sur le terrain des luttes et démontre, si besoin était, une capacité à rassembler bien au-delà de ses propres forces et pourtant, loin de progresser, elle perd des syndiqués d’année en année.

« Dans cette société, le travail n'a de cesse d'être déconsidéré et ceux qui l'exercent sont si peu reconnus que cela conduit bon nombre de salariés à vivre leur départ comme une libération. Ils éprouvent même le besoin de rompre avec tout ce qui faisait le mal-vivre au travail», devait rappeler Alain Laporte. Y compris la carte syndicale ? Ce départ de l’entreprise sans un regard pour le syndicat ne devrait-il pas figurer en bonne place dans les débats du congrès ? Et ne faudrait-il pas évoquer l’indifférence du syndicat envers les futurs retraités ?

Continuité syndicale, l’affaire de tous

Alors que l’UCR-CGT devrait presque mécaniquement se renforcer avec le vivier que constitue le nombre de départs en retraite, elle «perd» sept syndiqués sur dix. Comment a-t-on pu en arriver là ? Alors que les retraités sont devenus une des cibles privilégiées du gouvernement et du Medef, ne devrions-nous pas tout mettre en œuvre pour renforcer la Cgtet créer un rapport de forces plus favorable aux retraités et aux personnes âgées ?

Se culpabiliser ne servirait à rien. L’idée qui prédominait au Comité général était plutôt de responsabiliser tout le monde, actifs et retraités. La lettre signée par Philippe Martinez et François Thiéry-Cherrier devrait permettre de mener le débat partout et en premier lieu au cœur de l’entreprise. Avec comme un écho au débat du 51e congrès confédéral, la place des retraités dans la Cgt.

Mobilisation en dépit du contexte difficile

Outre les enjeux du11ème congrès de l’UCR-CGT, ce Comité général a évoqué l’année électorale 2017, cela au terme du quinquennat de François Hollande bien décevant pour les retraités. S’ajoute une situation internationale compliquée avec la guerre en Syrie,en Irak et au-delà ; l’élection de Donald Trump aux États-Unis venant encore ajouter aux incertitudes. Tout cela fut analysé dans le rapport d’Olivier Jouchter qui montra aussi combien les retraitésCGT furent présents en 2016 aux côtés des actifs contre la loi Travail comme dans les actions unitaires des retraités pour exiger une revalorisation des pensions et de la protection sociale.

Dans la discussion, des camarades ont montré que les retraités ont perdu 30% de pouvoir d’achat en un quart de siècle. C’est le résultat de la pensions de l’évolution des salaires et de la croissance économique, en plus des effets négatifs de la réforme Balladur et d’autres dont celle de Fillon, venues aggraver la situation.

Etre plus visibles

Il faut être « plus visible pour combattre une certaine forme de résignation chez les retraités dont les trois quarts n’étaient même pas syndiqués du temps où ils travaillaient », a affirmé un intervenant. C’est en étant visible qu’on marque des points et que l’on arrive à non syndiqués dans nos manifestations. Il faut agir en même temps pour l’augmentation des pensions et faire aboutir des revendications de proximité. Un militant des Pyrénées-Orientales a montré que la pétition menée par son syndicat contre un projet visant à rendre payant leparking de l’hôpital de Perpignan a été très appréciée des retraités.

François Thiéry-Cherrier a insisté sur la nécessité d’obtenir une revalorisation des pensions et sur l’unité d’action des retraités : « c’est ainsi que l’on fait bouger les choses, y compris chez des adhérents des autres syndicats de retraités, même si la mobilisation est surtout le résultat du travail de la Cgt. » Il a également insisté sur l’importance des revendications locales, en fonction des besoins des retraités sur les lieux de vie et qu’il ne faut pas tout attendre des décisions nationales.

La revisite des repères revendicatifs a fait l'objet de nombreuses interventions qui ont abouti à leur adoption moins une abstention.


Richard Vaillant et Gérard Le Puill


La continuité syndicale chez les traminots de Toulouse

« Aux traminots de Toulouse,les syndiqués retraités sont passés de 52 à 80 en moins de dix ans. C’est la preuveque le recul de la syndicalisation n’est pas une fatalité quand on passe de la vie active à la retraite. Moi, je suis en relation avec le trésorier du syndicat des actifs. À chaquepassage d’un camarade de la vie active à la retraite, on organise un pot de départ dans la boîte et on en profite pour faire basculer le syndiqué chez les retraités. Il y retrouve une autre forme d’activité syndicale avec une réunion toutes les deux semaines, la publication d’un petit journal tous les deux moiset des initiatives entre temps. C’est basique et il suffit de s’organiser pour que ça marche. »

Jean Fort de l'USR Haute Garonne


 

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