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De la révolte à la reconstruction

Un ennemi invisible, un coronavirus,s’attaque à la France et au monde. L’heure est à la résistance à la maladie, au refus d’un retour en arrière, au rejet des tentatives de casse des conquêtes sociales. Un autre monde est possible.

 

Dans quelques années, les écoliers à naître découvriront dans leurs manuels ou sur leurs tablettes que leurs vieux parents ont vécu en 2020 un moment inédit de l’histoire humaine. Liront-ils aussi que la tragédie sanitaire mondiale a accouché d’un mouvement émancipateur, social, culturel dans une France et un monde ouverts et solidaires ? Une France et un monde, enfin, à échelle humaine ?On peut rêver. On doit y croire.

En quelques jours, un ennemi viralinvisible a bouleversé la planète : des morts impossibles à chiffrer tellement certaines zones du monde sont inaccessibles aux statistiques, un tsunami économique et financier, une crise de civilisation. Désormais une question est posée : quel type de société voulons-nous ?

Nous n’oublierons pas

Les chiens de garde ont beau essayer de nous vendre les vieilles recettes relookées, rien n’y fait. Si le virus n’a pas d’identité politique, son pouvoir de mort a été et risque encore d’être propagé grâce à la mondialisation débridée, la surexploitation, la course au fric et à l’écrasement des plus faibles. Ce mal porte un nom : le capitalisme.

Les « réformes » dites « libérales » et les corsetages budgétaires ont abouti à une atrophie de la recherche, des structures sanitaires, de l’éducation, des transports et de la sécurité. En France, depuis des années, les personnels de santé, du médecin à l’aide-soignant, dénoncent les réformes à répétition enfonçant dans la précarité notre système de protection sociale conquis de haute lutte. Aujourd’hui qualifiés de « héros », ils n’oublieront pas qu’ils ont été gazés, matraqués, arrêtés, insultés. Comme ont été réprimés les pompiers, les éboueurs, les égoutiers, les personnels des grandes surfaces alimentaires, tous ces derniers de cordée qui font le service public permettant à la nation de rester debout. Certains, peut-être, ont découvert que notre vie dépend bien davantage d’une infirmière ou d’une caissière que d’un trader.

Rebâtir un système social et fiscal plus juste

L’histoire enseigne que chaque grande épidémie a conduit à des changements essentiels dans l’organisation sociale des pays et dans la culture des peuples. En 2020, il est temps de rebâtir un système social et fiscal plus juste, une société de respect et de solidarité.

Le régime macronien, les droites et le patronat vont tenter de reprendre la main déclarant, toute honte bue, qu’après la crise il faudra travailler plus et plus longtemps. Les conquêtes sociales comme les congés payés et le temps de travail sont dans le collimateur. Quant au système de santé, ces gens sans scrupule, au plus fort de la tragédie, ne renoncent pas à le privatiser. Avec une musique qui commence à se faire entendre sur le thème : « il faudra bien payer et trouver des ressources. »

Des ressources, en voilà. Le capitalisme a entraîné une forte concentration des richesses et créé un petit nombre d’individus immensément riches par leur patrimoine et leurs revenus. Les multinationales et leurs actionnaires ont été relayés par leurs hommes de main pour échapper à l’impôt et planquer une partie de leurs richesses dans les paradis fiscaux. Ils ont contribué ainsi à détériorer les services publics, particulièrement les services de santé.

Faire quoi et comment ?

L’heure est à la résistance. À la résistance d’abord contre la maladie. Ensuite, contre les mauvais coups que le Medef et le régime macronien préparent pour faire payer la tragédie aux salariés et aux retraités. Il ne faut pas les laisser faire en exigeant : la mise au rancard définitif de la réforme des retraites ; un plan de grande envergure de reconstruction de la recherche fondamentale, du système de santé, de la Sécurité sociale, des retraites, du chômage, de réactivation de tous les services publics et du pouvoir d’achat des personnels. L’argent existe, il faut aller le chercher là où il se cache.

Une autre société est à construire : ni capitalisme, ni socialisme étatique. Une société mixte mêlant la force de l’État et l’innovation privée, les avancées technologiques au service de la production et des salariés, l’exercice plein de la démocratie avec la reconnaissance du rôle des dits « corps intermédiaires », particulièrement des syndicats.

Tout ce que la vie a de bon, de merveilleux est actuellement contrebalancé par le mauvais, le tragique, l’effroyable. Ce n’est pas obligatoirement le prix à payer pour bénéficier de ce cadeau extraordinaire. À une condition : que le vent de la révolte et de la construction d’un avenir apaisé de justice sociale, économique et culturelle soit assez puissant pour interdire un retour en arrière, assez fort pour empêcher les mauvais coups en préparation contre les conquêtes sociales, assez vigoureux pour contraindre les arrogants représentants des castes de l’argent à s’effacer devant le mouvement populaire.

José Fort

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